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La multiplication de l’olivier et les techniques de production de plants

jolie jardin et decorationLa multiplication de l’olivier est à la fois facile, si l’on pratique les méthodes traditionnelles de propagation (boutures ligneuses, division de souchets, greffage en place, etc.) ; mais peut être délicate et demander une certaine technicité si on vise à intensifier la production de plants (cas des pépinières où l’on pratique le semi-greffage et le bouturage semi-ligneux).
Les méthodes de propagation traditionnelles sont surtout utilisées pour la mise en place d’oliviers en zone de culture aride où les eaux d’arrosage font défaut. Ces zones oléicoles sont souvent marginales ; l’olivier y est cultivé de façon extensive et sert surtout à l’autoconsommation des populations locales.
Par contre, l’olivier qui est multiplié intensivement en pépinière, est destiné en plantations modernes, à densité élevée, où ses productions : huile ou olive de table, servent à alimenter les marchés nationaux et les marchés d’exportation.

Ces jeunes plants d’olivier doivent satisfaire à certaines normes :



Choix variétal devant répondre aux objectifs de production prévue par les plans de développement et les exigences des marchés Qualité phytosanitaire des plants vis-à-vis de la tuberculose (pseudomonas savastanoï) ;
Homogénéité des jeunes plants produits en pépinière en vue d’assurer une homogénéité de production en verger ;
Enfin et surtout, production intensive des jeunes plants d’olivier pour répondre aux objectifs de développement des programmes oléicoles nationaux.

plantation d'olivier dans le midiLes modes de multiplication traditionnels.

La propagation traditionnelle de l’olivier est avant tout une propagation par voie asexuée (végétative) en opposition au mode de multiplication sexuée (par semis) qui fait intervenir le greffage.
Les méthodes les plus fréquemment utilisées diffèrent suivant les pays, les régions, et sont surtout fonction des conditions de milieu (sol et climat). La plupart font appel au bouturage en se basant sur le fait que l’olivier a le pouvoir d’émettre facilement, à partir de ses tissus ligneux, de nouvelles racines dites racines de néo-formation. De plus, les plaies causées pour la préparation des boutures se cicatrisent très facilement.

oliviers et midi de la franceLe bouturage à partir de rameaux ligneux.

Ce mode de multiplication de l’olivier se pratique encore en pépinière, pour produire de jeunes plants à partir de pieds mère préalablement repérés pour leurs qualités de production et leur état sanitaire. Malheureusement ce mode de multiplication nécessite l’utilisation de grandes quantités de bois qu’il est souvent difficile de trouver sur le bois de taille provenant de vergers repérés comme étant régulièrement producteurs et sains. Le matériel végétal utilisé pour la production des boutures diffère suivant leur mode de plantation en pépinière.

bouturage d'oliviers Boutures verticales :
Ces boutures sont placées verticalement dans le sol ameubli de la pépinière en février mars.

systeme de bouturage Boutures horizontales :
Ces boutures sont mises en terre horizontalement à la même époque, en février mars. Plusieurs rejets peuvent se développer et émettre des racines sur la longueur de la bouture, il donne ainsi plusieurs plants.Dans les deux cas (boutures verticales ou horizontales), les plants doivent séjourner en pépinière au moins une année avant d’être transplanter. En zones arides, il y a intérêt à élever les boutures en pépinières durant deux années.

technique de bouturage Bouturage en garrotes :
Boutures ligneuses de 0.60 à 1 m de long et de 4 à 5 cm de diamètre.

bouturage Bouturage en estacas plantones :
Boutures ligneuses pouvant atteindre une longueur de 2 m, diamètre de 6 à 9 cm.


Bouturage en garrotes et estacas plantones :
Ces modes de multiplications se pratiquent encore en Espagne (Andalousie) par quelques oléiculteurs.
Il s’agit généralement de remplacer dans un verger d’oliviers de vieux arbres non productifs par la mise en place de boutures de grandes dimensions. Ces boutures sont formées de branches d’olivier de 1 à 2 m de longueur et de 4 à 6 cm de diamètre, capables de mieux résister aux adversités climatiques, aux manques de soins culturaux à la « dent » du bétail, etc.

Les garrotes sont des boutures ligneuses de 0.6 à 1 m de longueur et de 4 à 5 cm de diamètre. Elles sont mises en place assemblées par trois ou quatre dans le même trou de plantation la partie supérieure inclinée vers l’extérieur.

Elles formeront ainsi une touffe arbustive de 3 ou 4 troncs distincts. Le terme de garrote a été généralisé car on parle de plantation en garrote lorsque dans le même trou de plantation on place trois à quatre jeunes oliviers racinés.

Les estacas plantones sont des boutures ligneuses encore plus importantes car leur longueur peut dépasser 2 m leur diamètre est généralement supérieur à 6 cm. Ces grosses boutures sont disposées individuellement, verticalement, dans le trou de plantation et enterrées sur le tiers de leur longueur. La partie externe de la bouture est alors protégée par un cône de terre ; seule la partie terminale apparaît sur 0.20 à 0.30 m, c’est elle qui donnera les premières ramifications.

Bouturage par souchet :

La propagation de l’olivier par souchets (ou éclats de souche ou souquets ou ovules) est utilisée dans les zones arides et sub-arides (Tunisie du sud, Libye, etc.). Cette opération se pratique sue les racines des oliviers cultivés « francs de pied », comme par exemple la variété CHEMLALI de sfax. Sur ces oliviers on pratique la fragmentation des excroissances qui se développent au niveau du collet des arbres âgés. Le vieil olivier où le prélèvement es effectué peut être soit entièrement déterré, soit rester en place, si on utilise qu’une partie de ses protubérances.

Les premières protubérances très lisses, nées sur le collet, sont fragmentées en tronçons de 15 à 20 cm, d’un poids variant de 500 g jusqu’à 5 ou 6 kg On peut prélever en général deux à cinq souchets par arbre mère sans trop en compromettre sa vitalité.

Drageonnage et marcottage en cépée :
Ces modes de multiplication sont rarement utilisés sauf dans quelques cas particuliers comme le remplacement de vieux oliviers en verger. Le drageonnage consiste à prélever de jeunes rejets avec un morceau de racine que l’on met directement en place dans le verger. Parfois le drageon peut être élevé à côté du pied mère sans en être détaché. Lorsqu’il sera suffisamment développé, il remplacera l’olivier mère qui sera alors progressivement éliminé.

Le marcottage en cépée consiste à butter les jeunes rejets qui se développent sur le pied-mère de façon à favoriser l’apparition de jeunes racines. Après sevrage des marcottes (détachement du pieds mère), les rejets racinés sont mis en place en verger. Les rejets de petits diamètres sont relativement sensibles à la sécheresse.

Que ce soit pour le drageonnage ou le marcottage, si les rejets proviennent d’arbres greffés, c’est-à-dire s’ils sont issus du porte-greffe, ils doivent être obligatoirement greffés avec la variété à multiplier.

Principes généraux de la taille :
La pratique de la taille, par élimination de ramifications, entraîne chez le végétal des modifications plus ou moins grandes, selon son degré de sévérité. Ces modifications, d’ordre physiologique, auront des répercutions sur la biologie de l’arbre.

En effet, l’olivier non taillé forme un arbuste buissonnant à plusieurs troncs, créés par le développement à sa base de nombreux rejets.

Si parmi ces rejets, un seul est gardé l’arbuste s’élèvera sur un tronc plus ou moins grand, la frondaison se développera en hauteur, on aura la formation d’un arbre. Les fructifications se porteront vers les extrémités des rameaux sur le bois de l’année précédente, alors que les rameaux âgés de la base auront tendance à se dégarnir.

Pour l’olivier où les feuilles sont persistantes, la surface du feuillage joue un très grand rôle. En effet, ses feuilles emmagasinent beaucoup plus d’hydrate de carbone que celles des arbres à feuilles caduques. Tout effet de suppression de ramifications entraînera l’élimination de feuilles en pleine activité, ce qui peut, pour des tailles sévères, bouleverser le métabolisme normal de l’arbre.
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