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Origine et expansion de la culture
de l’olivier
L’olivier a une origine très ancienne. Son apparition
et sa culture remonteraient à la préhistoire,
mais nous ne pouvons déterminer avec certitude la voie
de son expansion, progressive et intermittente au cours du
temps.
DE CANDOLLE pense que la plante est originaire de Syrie tandis
que suivant PELLETIER, elle serait originaire de l’Asie
mineure et aurait été transplantée en
Europe par les Phocéens, quand ils fondèrent
en France leur colonie. D’autres soutiennent qu’elle
aurait été introduite par les Phéniciens
dés les temps préhomériques ; d’autres
encore la font apparaître seulement au 18ème
siècle av.Jésus-Christ, au temps de NUMA POMPILIUS,
tandis que PLINE affirme qu’elle serait apparue en Italie
seulement au temps de TARQUIN L’ANCIEN.

Rome, en effet, assurait au paysan des garanties administratives
et militaires ; en retour l’Africain lui donnait des
garanties économiques. La production de l’huile
dans l’Afrique romaine était très abondante.
Les empereurs, même quand ils redoutaient l’extension
des vignobles, encourageaient l’extension des olivettes,
en Dalmatie, en Espagne et surtout en Afrique. La Tripolitaine,
la Tunisie, les vallées de Kabylie, la vallée
du Chelif, les régions steppiques des confins sahariens
se couvrirent de plantations.
Mais la qualité allait-elle de pair avec la quantité
? . L’huile africaine que décrit JUVENAL dans
ses satires méritait-elle ce jugement ? « Lui,
il arrose son poisson d’une abondante huile de vénafre,
le chou fané qu’on t’apporte à toi
malheureux va sentir la lampe, car l’huile qu’on
vous sert dans vos burettes est celle que nous expédient
sur leurs vaisseaux à la proue aiguë, les enfants
de Micipsa, celle qui rend à Rome les bains déserts
quand BOCCHAR s’y lave, celle encore qui préserve
de la morsure des serpents » Cette description aussi
sévère que piquante, atteste q’au temps
des ANTONINS où écrit JUVENAL, l’huile
africaine avait mauvaise réputation. Mais c’est
justement d’époque qui est antérieur à
celle du grand développement de la culture de l’olivier.
Cette prospérité des olivettes dura jusqu’à
l’invasion des Arabes. On dit que les habitants de Byzacéne
montrèrent à l’un d’eux un noyau
d’olive comme un symbole de leur richesse.
Ce n’est qu’au XVIème siècle seulement
que les émigrants de la péninsule ibérique
introduisirent l’olivier en Amérique Latine,
où l’étendue des olivettes est restée
modeste, bien qu’un certain essor soit signalé
depuis une vingtaine d’années dans quelques pays
comme l’Argentine, les Etats-Unis, le Mexique et le
Brésil.
Plus récemment sa culture s’est développée
modestement en Afrique du Sud, Australie et Japon.
En vérité, comme il apparaît après
cet exposé, la culture de l’olivier est essentiellement,
et depuis plusieurs siècles, localisée dans
la région du Bassin circumméditerranéen
: on peut parler d’une véritable « civilisation
» de l’olivier.
Rarement critiqué, l’olivier a toujours été
loué par un nombre infini d’esprits d’élite
que ce soient PLATON, ARISTOTE, SOPHOCLE, HOMERE, ESCHYLLE
ou VIRGILE, OVIDE, PLINE l’ANCIEN ? HORACE, MARTIAL
et plus tard DU BELLAY.
Madame de SEVIGNE écrit : « je ne saurais vous
plaindre de n’avoir point de beurre en Provence puisque
vous avez de l’huile admirable ».
MISTRAL célèbre les vergers provençaux
argentés.
Des milliers d’arbres ont été plantés
sur les bords de la Méditerranée pendant des
siècles et des siècles. Certains renaissent
toujours car l’olivier ne meurt qui si on le tue.
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